Ce qu'est un bon de commande — et ce que ce n'est pas

Un bon de commande est un document écrit qui formalise une commande passée à un fournisseur : quoi, combien, à quel prix, pour quelle date de livraison. C'est une trace, un engagement, une référence commune entre vous et votre fournisseur.

Ce n'est pas une facture (qui vient après la livraison), ce n'est pas un devis (qui précède la décision d'achat), et ce n'est pas un bon de livraison (qui constate ce qui est arrivé). Chacun de ces documents a son rôle. Le bon de commande est le premier de la chaîne.

Pourquoi la plupart des indépendants s'en passent — et ce que ça leur coûte

La réalité dans beaucoup de cuisines : un appel au commercial, un SMS, un message WhatsApp. Ça suffit pour que la commande parte. Et la plupart du temps, ça arrive.

Le problème n'est pas dans les livraisons qui se passent bien. Il est dans celles qui se passent mal : une référence changée sans prévenir, un prix réajusté à la hausse en cours de mois, une quantité livrée différente de ce qui avait été demandé. Sans bon de commande, vous n'avez rien pour contester. Avec un bon de commande, vous avez un document daté, signé ou envoyé par écrit, qui fait foi.

Il y a aussi l'impact sur vos marges. Sans traçabilité des commandes, il est impossible de savoir si vos prix fournisseurs ont dérivé d'un mois à l'autre. Quelques centimes par kilo sur dix références, sur douze mois, ça représente plusieurs points de food cost perdus sans que vous l'ayez vu venir.

Les 7 informations indispensables dans un bon de commande restaurant

Un bon de commande efficace n'a pas besoin d'être complexe. Il doit contenir :

  1. 1
    Le nom du fournisseur et vos coordonnéesNom de l'établissement, adresse de livraison.
  2. 2
    La date de commandePour dater l'engagement et suivre vos délais fournisseurs.
  3. 3
    La date de livraison souhaitéeDistincte de la date de commande, surtout si vous anticipez.
  4. 4
    La liste des produitsPour chaque ligne : désignation exacte, référence fournisseur, conditionnement (colis, kg, unité), quantité commandée, prix unitaire HT.
  5. 5
    Le total HTCalculé automatiquement si vous utilisez un outil, à la main sinon.
  6. 6
    Les instructions de livraisonHoraires d'accès, zone de déchargement, consignes particulières.
  7. 7
    Un statutBrouillon, envoyé, confirmé, reçu. Indispensable pour savoir où en est chaque commande sans avoir à rappeler le fournisseur.

Franco de port : l'indicateur à surveiller à chaque commande

Le franco de port est le montant minimum de commande à partir duquel votre fournisseur livre gratuitement. En dessous, des frais de port s'ajoutent — souvent entre 15 et 40 € selon les fournisseurs.

C'est un indicateur que beaucoup de restaurateurs ignorent au moment de passer commande, et qu'ils découvrent sur la facture. Sur une commande à 80 € HT avec un franco à 150 €, les frais de port peuvent représenter 20 à 25 % du montant commandé.

La bonne pratique : vérifier le franco avant de valider chaque commande. Si vous êtes proche du seuil, il vaut souvent mieux anticiper un produit dont vous aurez besoin la semaine suivante plutôt que de payer des frais de livraison.

Le franco de port en temps réel pendant votre commande

Avec RatioChef, le franco de port s'affiche pendant que vous composez votre bon de commande — une barre de progression vous indique à combien vous en êtes et ce qu'il manque pour l'atteindre.

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Bon de commande papier vs logiciel — ce qui change concrètement

Le bon de commande papier ou Excel a le mérite d'exister. Mais il a trois limites structurelles :

Le prix unitaire doit être saisi à la main et mis à jour à chaque variation tarifaire. Si votre fournisseur change un prix et que vous ne l'avez pas répercuté dans votre tableau, vos calculs de food cost sont faux.

Le catalogue produits n'est pas lié à vos fiches techniques. Vous commandez d'un côté, vous calculez vos coûts de l'autre. Les deux ne se parlent pas.

La traçabilité est nulle. Impossible de retrouver facilement ce que vous avez commandé il y a trois semaines, à quel prix, et si c'est bien ce qui a été livré.

Un logiciel dédié résout ces trois points : les prix sont centralisés, le catalogue est lié aux ingrédients de vos fiches techniques, et chaque commande est archivée avec son statut.

Comment structurer ses commandes par fournisseur

La bonne organisation : un bon de commande par fournisseur, pas un bon de commande global. Cela permet de suivre le franco de port fournisseur par fournisseur, de gérer des dates de livraison différentes, et de contester une livraison sans mélanger les références de plusieurs fournisseurs.

Pour chaque fournisseur régulier, ayez sous la main : son franco de port, son délai de livraison habituel, et son email de commande. Ces trois informations suffisent à structurer une routine de commande efficace — par exemple : commandes lundi soir pour livraison mercredi, commandes jeudi soir pour livraison samedi.

Une routine de commande bien rodée, c'est moins de ruptures, moins de frais de port, et des prix fournisseurs que vous surveillez réellement. C'est aussi du temps récupéré chaque semaine sur une tâche administrative qui mange facilement 30 à 45 minutes si elle n'est pas organisée.


En résumé

  • Un bon de commande = trace écrite commune entre vous et votre fournisseur
  • 7 informations clés : fournisseur, dates, références, conditionnements, prix HT, instructions, statut
  • Vérifier le franco de port avant chaque validation de commande
  • Un bon de commande par fournisseur, pas un bon global
  • Un logiciel centralise les prix, lie le catalogue aux fiches techniques et archive chaque commande